Exploiter le potentiel des drones pour maintenir le positionnement concurrentiel de ses cultures

Swarm Robotics for Agricultural Applications (SAGA). Project funded by the European Union (FP7, ECHORD++). Project website: https://laral.istc. cnr.it/saga. Project partners: ISTC-CNR, Wageningen University, and Avular BV.
Swarm Robotics for Agricultural Applications (SAGA) (la robotique en essaim pour applications agricoles). Projet financé par l’Union européenne (7e PC, ECHORD++). Site Web du projet : https://laral.istc.cnr.it/saga. Partenaires du projet : ISTC-CNR, Université de Wageningue et Avular B.V.

L’industrie agricole a toujours beaucoup misé sur l’innovation pour se développer. Alors que les véhicules aériens sans pilote (UAV) sont de plus en plus répandus partout en Amérique du Nord, des agronomes tournés vers l’avenir ont recours à cette nouvelle technologie aéroportée pour survoler leurs cultures afin d’accroître leur productivité sur terre. Certains croient que la technologie peut leur donner un net avantage sur la concurrence, mais elle peut s’avérer coûteuse.

Heureusement, un nombre croissant d’outils pratiques et plus abordables commencent à faire leur apparition. Autrefois strictement réservés à un usage militaire, les UAV et les drones sont les tout derniers outils qu’ont adoptés les agriculteurs pour faire un meilleur suivi de l’état de leurs cultures. Grâce à leur point de vue aérien, ces dispositifs leur permettent de voir l’état de leurs champs pendant la saison de croissance, ce qui peut potentiellement faire augmenter la marge de profit de leur entreprise. Loin des modèles de drones ordinaires proposés au grand public, les UAV actuellement utilisés dans l’industrie agricole sont des engins aériens haut de gamme à la fine pointe de la technologie qui permettent de recueillir des renseignements. Le prix d’un drone varie généralement selon les besoins des producteurs. Leur faut-il un engin à voilure fixe ou un quadricoptère? Un drone automatisé ou commandé? Quelle qualité d’image recherchent-ils? Bref, les réponses à ces questions, ainsi que bien d’autres facteurs, auront évidemment une incidence sur le prix à payer.

Les UAV proposent une vue aérienne à faible altitude, en survolant de quelques mètres la végétation jusqu’à un plafond d’environ 120 mètres, sans causer de dommage aux terres. Les drones offrent un point de vue des champs que la plupart des producteurs ne pourraient obtenir autrement, à moins d’avoir accès à des avions pilotés ou de pouvoir recueillir des images par satellite. Bien que les satellites fournissent des images d’une qualité exceptionnelle, les drones peuvent capter en temps réel des images des cultures en couleur naturelle ou multispectrales, d’une qualité égale ou semblable, pour une fraction du coût. L’une des utilisations du drone les plus répandues en agriculture est l’épandage d’engrais à taux variable : le drone réalise une cartographie des champs en tenant compte de l’indice de biomasse. Puis, une carte sur laquelle sont indiquées les tâches à accomplir est alors établie pour le véhicule employé, qui procède ensuite à l’épandage.

 Photographer: Knoell Marketing

Photographer: Knoell Marketing

« Le drone peut donc localiser les parcelles qui devraient recevoir une dose plus importante d’engrais, là où le potentiel de rendement est supérieur et les plants peuvent en bénéficier, ce qui évite d’en épandre inutilement dans tout le champ. Les coûts associés et l’impact environnemental en sont ainsi diminués », a expliqué M. Joris IJsselmuiden (Ph. D.), chercheur dans le domaine de la robotique et de l’automatisation agricoles au sein du groupe de recherche sur les technologies agricoles de l’Université et du campus de recherche de Wageningen aux Pays-Bas.

« Il est facile de voir comment le drone, avec ses atouts, présente un potentiel énorme pour cet usage. » Malgré les avantages et la popularité grandissante des drones, leur utilisation peut poser certaines difficultés. Même s’ils sont de plus en plus perfectionnés, les drones ont certaines limites : leur batterie a une autonomie relativement faible et leur charge utile est limitée, notamment. En outre, le bon fonctionnement d’un véhicule aérien sans pilote est grandement tributaire des conditions météorologiques. En effet, puisqu’il peut seulement capter des images de qualité lorsque le ciel est dégagé, la présence d’ombres causées par une couverture nuageuse donnerait un cliché à l’utilité limitée. Bien que les drones puissent contribuer à faciliter la surveillance d’un champ, les activités comme la programmation et le pilotage d’un drone, la prise d’images et le traitement des images sont chronophages.

Le monde évolue et la société également […]. Si vous, en tant que propriétaire d’entreprise, refusez de changer, on vous remplacera.

En outre, la prise de décisions sur la base des images captées par l’UAV peut prendre encore des heures, voire des jours. En fin de compte, les drones ne sont qu’un outil de supplémentaire, et ils ne remplaceront pas la présence physique du producteur sur ses terres.

« Les producteurs qui exploitent le potentiel d’imagerie des drones peuvent plus facilement localiser les parcelles suspectes de leurs champs. Ainsi, ils sont en mesure de se rendre directement sur place pour voir ce qui se passe avec leurs cultures, explique Terence Hochstein, directeur général des producteurs de pommes de terre de l’Alberta. Un drone peut accélérer les choses, mais le producteur devra encore enfiler ses bottes et se salir pour aller constater par lui-même l’état de la situation. »

Il n’en demeure pas moins que les producteurs qui refusent d’envisager la possibilité d’utiliser les UAV pour leurs affaires s’exposent à un risque. Comme les drones sont de plus en plus accessibles et qu’ils présentent un nombre croissant d’applications concrètes, la présence de ces engins bourdonnants au-dessus des champs deviendra chose courante. Comme c’est le cas avec toutes les avancées technologiques au sein du secteur de l’horticulture, les adopteurs précoces seront portés à demeurer à l’avant-garde, tandis que ceux qui ne voudront pas s’adapter prendront du retard.

« Le monde évolue et la société également, a indiqué M. IJsselmuiden. Sachez que des entreprises comme John Deere et Lely concentrent désormais leur offre autant sur l’analyse de données que sur la vente d’équipement (ou le feront bientôt, si ce n’est pas encore le cas). Si vous, en tant que propriétaire d’entreprise, refusez de changer, on vous remplacera. » On recommande aux producteurs qui souhaitent faire l’acquisition d’un drone pour survoler leurs champs de communiquer d’abord avec des pairs qui s’en servent déjà, de vérifier les lois qui s’appliquent sur leur territoire et de déterminer à quelles fins sera utilisé leur drone. Le producteur souhaite-t-il simplement obtenir une représentation de ses cultures telles qu’elles sont? Veut-il diffuser sur YouTube une vidéo sensationnelle à des fins promotionnelles?

Cherche-t-il à obtenir des images géoréférencées de grande qualité dont il pourra se servir pour améliorer ses systèmes de culture? Un seul drone sera-t-il suffisant pour faire le travail de manière efficace ou la superficie cultivée est-elle si importante qu’elle nécessitera plusieurs drones? Les producteurs devraient également savoir que de nombreuses entreprises spécialisées offrant des services de drone existent déjà et qu’ils n’ont pas nécessairement à investir une somme considérable dans l’achat d’un drone.

En procédant ainsi, les producteurs pourraient enregistrer un meilleur bénéfice net. « Bien que l’agriculteur puisse exprimer le désir de posséder son propre drone, il peut s’avérer plus pratique et rentable d’avoir recours aux services d’UAV offerts par une société d’experts-conseils », indique Darren White de Delta Ag Services, un cabinet-conseil en cultures indépendant du Manitoba. « De cette manière, l’agriculteur peut voir si les images captées présentent une réelle utilité pour son entreprise. »