Protection des ressources végétales au Canada et dans le monde

potato fields
Champ de pommes de terre

Lorsqu’on voyage, mieux vaut ne pas rapporter de souvenirs dont personne ne veut.

Avec la multiplication des déplacements aux quatre coins du monde, les voyageurs sont de plus en plus susceptibles de ramener certains visiteurs indésirables—des ravageurs capables de nuire aux cultures canadiennes, voire de les dévaster.

D’où l’importance de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). La CIPV est un traité international qui vise à établir une approche commune de lutte contre l’introduction et la propagation des phytoravageurs. Elle favorise également l’adoption de mesures de contrôle appropriées.
« L’arrivée de nouveaux ravageurs entraîne des milliards de dollars de pertes pour les gouvernements, les producteurs et les consommateurs. De plus, une fois qu’un ravageur s’est implanté dans un pays ou un écosystème, il devient souvent impossible de l’éradiquer. On s’efforce de gérer le problème, mais les coûts sont élevés et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, déclare Dorota Buzon, agente de programme au Secrétariat de la CIPV. Les invasions de ravageurs peuvent provoquer la destruction d’aliments de base et la dégradation de l’environnement. »

La CIPV vise à prévenir des événements tragiques comme la Grande Famine irlandaise, survenue au XIXe siècle. Le mildiou, une maladie causée par un champignon pathogène, avait alors dévasté les cultures de pommes de terre, entraînant la mort de plus d’un million de personnes. Jumelé à l’émigration, ce bilan a fait chuter d’un quart la population de l’Irlande.

« L’application adéquate de la CIPV et de ses normes contribue à la sécurité alimentaire à l’échelle nationale et mondiale, poursuit Mme Buzon. L’augmentation des déplacements et des échanges internationaux signifie que plus de gens et de marchandises traversent les frontières. Le risque de propager des phytoravageurs et des maladies végétales s’en trouve donc accru.

En sensibilisant les négociants et les voyageurs aux risques ainsi qu’à l’importance de respecter les règles de la CIPV, nous contribuons à la santé des plantes du monde entier. »

Les cultures horticoles comme celles des fruits et légumes frais, des fleurs coupées et des plantes en pot représentent une part importante des échanges commerciaux internationaux. Pour le Secrétariat de la CIPV, la sécurité phytosanitaire est un enjeu crucial. C’est notamment pour s’assurer que le commerce n’aggrave pas le problème que la Convention et ses normes ont été créées.

« La majeure partie du travail effectué par les inspecteurs phytosanitaires des différentes organisations nationales de protection des végétaux, comme les inspections et les diagnoses, porte sur les cultures horticoles, explique Mme Buzon. Chacune des organisations du genre mise sur pied dans le cadre de la CIPV se donne pour mission de préserver l’accès aux marchés nationaux et internationaux et d’éviter que certains déplacements de marchandise soient interdits pour limiter les éclosions de phytoravageurs. »

L’AGENCE CANADIENNE D’INSPECTION DES ALIMENTS

Les phytoravageurs sont présents dans toutes les régions du Canada, ce qui entraîne une baisse des profits, menace les réserves alimentaires nationales et réduit notre capacité à réaliser des échanges commerciaux avec d’autres pays.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) représente la CIPV au pays. Pour empêcher les ravageurs d’entrer au Canada, Invasive species, like the brown marmorated stink bug (originally native to Asia), wreak havoc on our ecosystems by destroying native species and damaging crops. / Les espèces envahissantes, comme la punaise marbrée (originaire de l’Asie), font des ravages sur nos écosystèmes en détruisant les espèces indigènes et en endommageant les cultures. l’ACIA, les importateurs d’ici, les organisations exportatrices étrangères et les partenaires internationaux concernés doivent unir leurs efforts. Lorsque la présence d’un ravageur est décelée au pays, l’ACIA s’efforce d’en limiter les répercussions.

Punaise marbrée

Les espèces envahissantes, comme la punaise marbrée (originaire de l’Asie), font des ravages sur nos écosystèmes en détruisant les espèces indigènes et en endommageant les cultures. Photo : Yerpo / CC BY-SA 3.0

Les espèces envahissantes causent également un tort considérable à nos écosystèmes en détruisant les espèces indigènes et en endommageant les récoltes. Originaire d’Asie, la punaise diabolique illustre bien cette situation. Se nourrissant d’une grande variété de végétaux (fruits de verger, baies, raisins, légumes, maïs, soja, et autres), elle est extrêmement polyvalente et ne dépend d’aucune plante précise pour sa survie. Elle boit la sève des plantes et injecte sa salive dans celles-ci, ce qui abîme la surface des fruits et fait pourrir leur chair. On croit qu’elle s’est introduite en Amérique du Nord en voyageant dans des caisses ou sur différents types de machinerie.

Pour établir ses exigences relatives à l’importation, l’ACIA étudie les risques potentiels, l’usage prévu du produit, le pays d’origine et la présence de phytoravageurs à surveiller dans ce pays.
La présence ou l’absence de certains phytoravageurs au Canada est également prise en compte, tout comme la disponibilité et l’efficacité d’outils d’atténuation des risques, comme le traitement thermique ou la fumigation.

ANNÉE INTERNATIONALE DE LA SANTÉ DES VÉGÉTAUX

En décembre 2016, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appuyé un projet de résolution visant à faire de 2020 l’Année internationale de la santé des végétaux (AISV). L’AISV a pour objectif de souligner l’importance et les conséquences de la santé des plantes en ce qui a trait aux enjeux mondiaux comme la faim, la pauvreté, les menaces environnementales et le développement économique. Elle doit également attirer l’attention sur le rôle du commerce international et des voyages dans la propagation des phytoravageurs et des maladies végétales.

Moteurs de l’initiative, le Secrétariat de la CIPV et les signataires de la Convention ont déjà commencé à préparer les célébrations, qui doivent s’étaler sur un an. Pour accroître la visibilité de la cause, chaque année d’ici 2020 sera consacrée à un thème précis. Cette année, l’accent sera mis sur la facilitation du commerce, tandis que 2018 et 2019 porteront respectivement sur la protection environnementale et le développement des capacités. Le Secrétariat de la CIPV espère que toutes les organisations concernées prendront part aux célébrations.

Le Secrétariat et l’ACIA travaillent ensemble pour protéger le secteur horticole canadien. L’ACIA collabore par ailleurs avec un grand nombre de partenaires commerciaux du Canada ainsi qu’avec diverses organisations internationales, comme l’Organisation nord-américaine pour la protection des plantes (dont les membres sont le Canada, le Mexique et les États-Unis), afin de maximiser l’efficacité des lois et des règlements canadiens à l’intérieur du système international. En adhérant aux normes de l’ACIA, vous contribuez à la protection et à l’essor de nos cultures pour les générations futures. Pour obtenir de l’information sur l’Année internationale de la santé des végétaux et savoir comment vous pouvez participer, rendez-vous au www.ippc.int/fr/iyph.