Cartographier l’agriculture de l’espace

planet earth from outer space

La façon dont les indicateurs agroenvironnementaux par satellite aideront à favoriser le changement dans le secteur agricole du Canada.

Par Mark Halsall

De nos jours, l’information spatiale spécifique qui est en temps opportun et fiable est cruciale pour élaborer et appuyer les politiques et programmes en matière d’agriculture dans une grande gamme de domaines. Ces domaines incluent notamment la gestion des risques de l’entreprise, les systèmes d’alerte précoce d’inondations, de sécheresse et d’insectes nuisibles; la salubrité alimentaire, la santé publique et la sûreté; et l’environnement et sa durabilité.

Cette information très nécessaire constitue une grande raison pour laquelle les « données géospatiales », qui est le terme utilisé pour indiquer des données englobant une composante géographique, aident à stimuler l’innovation dans le secteur agricole au Canada et sont de plus en plus importantes pour les producteurs, les scientifiques et les décideurs politiques, » indique Andrew Davidson, gestionnaire, Observation de la Terre au ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada (AAC).

Les données géospatiales sont produites par différents moyens, y compris les satellites, les avions et les drones. Selon M. Davidson, l’expertise d’AAC en développement, intégration et application de données géospatiales place bien le ministère pour fournir des informations indépendantes et qui font autorité au secteur agricole du Canada.

Cette carte, disponible par l’entremise du site web d’AAC (https://t.co/76R4U4FR1X), illustre la santé de la végétation comparativement à une moyenne historique. C’est l’une des douzaines de services de cartographie géospatiale fournis par AAC.

Cette carte, disponible par l’entremise du site web d’AAC (https://t.co/76R4U4FR1X), illustre la santé de la végétation comparativement à une moyenne historique. C’est l’une des douzaines de services de cartographie géospatiale fournis par AAC.

« Nous faisons ce travail géospatial depuis longtemps » note M. Davidson. « Nous avons des scientifiques qui font du travail de télédétection depuis les années 1990 et nous avons appris beaucoup au cours des 10 à 15 dernières années grâce aux nombreux projets auxquels nous avons participé. »

Certains des projets les plus récents se penchent sur de nouveaux enjeux soulevés en agriculture qui sont liés à la durabilité et les effets des opérations agricoles sur l’écosystème plus large.

« Nous avons une clientèle émergente qui demande de plus en plus que les produits qu’elle achète dans les épiceries soient cultivés et récoltés selon des méthodes durables sur le plan de l’environnement » dit M. Davidson.

« Parce que plusieurs producteurs et détaillants alimentaires canadiens, américains et européens se sont engagés publiquement à respecter des buts en matière de durabilité, l’habileté des producteurs canadiens d’exporter leurs produits dépend de leur capacité à démontrer leur respect des lignes directrices en matière de durabilité. »

Selon M. Davidson, l’AAC aide le secteur agricole canadien à démontrer comment il adhère aux exigences en matière de durabilité en fournissant « des informations améliorées, ciblées et qui font autorité » sur son utilisation des ressources agricoles.

Cette information spatiale explicite est produite par l’entremise d’indicateurs agroenvironnementaux scientifiques qui combinent l’information biophysique sur les sols, l’eau, le climat et la topographie avec des données sur l’utilisation des terres, les récoltes et les pratiques de gestion agricole.

M. Davidson dit qu’un exemple de l’implication d’AAC dans le domaine des indicateurs de durabilité a été lorsque le Conseil canadien du canola a demandé de l’aide pour les producteurs qui voulaient avoir accès aux marchés des biocarburants en Europe il y a à peu près cinq ans. L’AAC a produit un ensemble de données indépendantes et qui font autorité (sans coût pour les producteurs) qui a aidé plusieurs producteurs de canola à démontrer qu’ils suivaient des pratiques durables sur le plan de l’environnement, comme ne pas convertir les forêts avoisinantes en terres cultivables.

M. Davidson rapporte que la qualité de l’information agroéconomique s’est considérablement améliorée au cours des dix dernières années, grâce en partie à l’accent placé par AAC sur les techniques d’observation de la terre (OT) qui permettent à des capteurs de satellite d’obtenir une image beaucoup plus claire de la surface de la planète.

Selon lui, les données de nombreux satellites et de réseaux de satellites, y compris du Canada, des États-Unis, de l’Europe, du Japon, et la Chine et même de l’Inde, sont maintenant utilisées pour cartographier et surveiller les ressources agricoles du Canada de façon beaucoup plus détaillée, même jusqu’au niveau du champ.

« Nous développons maintenant une nouvelle génération d’indicateurs » dit M. Davidson. « Les avancées en génie des satellites et des capteurs et la prolifération de missions d’observation de la terre basées dans l’espace au cours de la dernière décennie ont rendu les données d’observation de la terre moins coûteuses, plus ponctuelles, plus fiables, plus disponibles et plus faciles à intégrer et à distribuer. »

Il note que les données des capteurs satellitaires ont permis aux scientifiques d’AAC d’acquérir différents types d’information sur le spectre électromagnétique (visible, en infrarouge, en infrarouge de courte longueur d’onde et par micro-ondes) à travers un large éventail de résolutions spatiales (cinq mètres à un kilomètre) et de fréquences d’échantillonnage (quotidiennes à toutes les quelques semaines).

AAC a développé de nombreuses applications, outils et mécanismes de soutien des données Web qui produisent de l’information agricole produite par satellite et qui est à la disposition de tous les Canadiens et ouverte à tous les Canadiens.

En utilisant différents portails web, les producteurs peuvent télécharger des données dans des formats de fichiers géospatiaux standards différents pour utiliser dans des systèmes d’information géographique (SIG) ou autres logiciels. Des cartes et de l’information sur l’agriculture peuvent aussi être visionnées et analysées sans avoir à télécharger de grandes parcelles de données ni de logiciel spécialisé.

« Ce que nous permettons aux gens de faire est d’accéder à toute cette information sans être des experts dans le domaine. Tout ce qu’il faut, c’est un ordinateur, une connexion internet et un navigateur » dit M. Davidson. Exemples des produits géospatiaux d’AAC :

  • Surveillance de la sécheresse : un rapport qui fournit des informations en temps opportun sur la température et le climat pertinentes pour le secteur agricole canadien;
  • Rapport sur les impacts agroclimatiques : un réseau en ligne maintenu par des bénévoles qui mettent à jour les données sur les impacts agroclimatiques à l’échelle du pays;
  • AgriCarte : une application de cartographie interactive qui intègre des outils permettent de personnaliser les cartes afin de simplifier la prise de décisions;
  • Système canadien de surveillance des terres agricoles : il surveille les conditions de la végétation à l’intérieur de l’étendue agricole du Canada en temps quasi réel; et
  • Inventaire annuel des cultures : un relevé des cultures à travers le Canada chaque année (idéal pour déterminer les cultures de rotation dans votre région).

Pour accéder aux données et aux différentes applis et différents outils, M. Davidson recommande comme première étape, d’aller sur le site web du portail de données du gouvernement du Canada (open. canada.ca). « Visitez ce site, cherchez ce que vous voulez et suivez les liens. »